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Une histoire marquée par de nombreuses menaces

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(Alexandre D’Astous) Le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux, rappelle que l’histoire de la plus vieille traverse entre la rive sud et la rive nord est marquée par de nombreux combats qui ont forcé les communautés à s’unir pour parvenir à défendre ce service d’une importance capitale des deux côtés du fleuve.

Féru d’histoire, le maire Rioux raconte que c’est le ministre des Postes de l’époque, Thomas Pelletier de Trois-Pistoles, qui a mis en place la traverse en 1913 pour transporter le courrier postal sur la Côte-Nord, avec le capitaine Sirois à la barre. « Le courrier d’outre-mer arrivait à Rimouski et partait ensuite vers Québec. La Côte-Nord était alors en développement, et il fallait trouver un moyen plus rapide d’y acheminer le courrier. C’est comme ça qu’est née la traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins, avec des quais beaucoup plus modestes qu’aujourd’hui, et un bateau plus petit. La traverse fait partie de notre histoire. Elle est aussi importante que l’église. Elle est là depuis plus de 100 ans et génère une activité touristique importante. On devrait être reconnu comme une traverse intermédiaire essentielle », mentionne-t-il.

De la place pour tout le monde

M. Rioux souligne que la traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins est un bon dépanneur pour les autres traverses de la région, et qu’il faudrait travailler en collaboration plutôt que de tenter de diviser pour mieux régner, comme c’est malheureusement souvent le cas. « J’ai écrit des lettres aux maires de Rimouski, de Matane et à la mairesse de Rivière-du-Loup pour leur dire qu’il serait intéressant de travailler en collaboration. Je n’ai pas eu de réponse. Il y a de la place pour tout le monde. Toutes les traverses sont pleines la plupart du temps, et chacune doit affronter des déboires. Nous contribuons à désengorger les autres. En travaillant ensemble, nous serions plus forts », estime-t-il.

Jean-Pierre Rioux dit avoir eu des craintes que le service ne reprenne pas en 2019. « Le ministre Bonnardel a erré totalement dans ce dossier ou il a été bien mal informé. C’est la combinaison de la pression publique et du travail de fond des élus qui nous a permis de conserver le lien. Les élus ont fait un travail très solide dans ce dossier afin de convaincre le ministère des Transports de revenir sur sa décision et de financer les travaux de restauration de L’Héritage 1 », commente-t-il.

Un circuit touristique

Le maire de Trois-Pistoles souligne que le circuit touristique de la clientèle internationale commence généralement à Montréal, puis vers Québec. « Ensuite, les gens vont à Charlevoix et ils traversent sur la rive sud pour continuer vers la Gaspésie. C’est un circuit naturel et la traverse y joue un rôle crucial. Ça fait partie de notre histoire. Nous avons un attachement envers ce service pour lequel nous avons eu à nous battre à plusieurs reprises avec le gouvernement pour le conserver. Nous devons constamment faire la preuve de notre rôle essentiel. »

Un modèle à suivre

En cette période où la question autochtone fait régulièrement les manchettes, le maire Rioux estime que le modèle de la Compagnie de navigation des Basques est un bel exemple à suivre en matière de collaboration avec les Autochtones. « La Compagnie est dirigée par quatre partenaires égaux, dont la Première Nation des Innus Essipit, et cela va très bien. »

Danger dans huit ans

Jean-Pierre Rioux pense qu’il faut dès maintenant se mettre à la tâche pour se préparer au danger qui se dessine dans huit ans. « Une inspection du traversier est prévue dans huit ans. Il ne faut pas attendre à la dernière minute pour se préparer. S’il y a des travaux à faire, les communautés n’auront pas les moyens de les faire exécuter. Il faut obtenir un statut du gouvernement pour assurer la poursuite du service créant une trentaine d’emplois et générant des retombées économiques majeures des deux côtés du fleuve. La traverse doit être reconnue comme un service intermédiaire essentiel », clame le père du capitaine de L’Héritage 1, Jean-Philippe Rioux.

Photo : Le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux. (Photo : courtoisie)

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