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Prix littéraire des collégiens : un concours toujours aussi vivant malgré la pandémie

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(Alexandre D’Astous)-Pour une 12e année, l’activité panquébécoise du Prix littéraire des collégiens a eu lieu au Cégep de Rimouski.

D’horizons et de programmes divers, 14 étudiants ont ainsi lu cinq romans québécois parus dans la dernière année. Plusieurs rencontres ont eu lieu pour permettre aux participants de confronter leurs impressions et de débattre des caractéristiques des oeuvres.

Le Prix littéraire des collégiens est l’un des prix les plus convoités du milieu littéraire québécois, car ce sont des milliers de jeunes lecteurs engagés qui forment son jury. L’activité contribue à vivifier la littérature québécoise en lui procurant de nouveaux lecteurs. Cet hiver, les rencontres ont suscité des débats sur l’écriture et sur divers thèmes abordés dans les oeuvres, tels que la vraisemblance, le colonialisme, le mal de vivre, la misère sociale et l’amour.

Critères remis en question

Les étudiants ont aussi remis en question les critères derrière l’octroi du prix : l’oeuvre méritoire devrait-elle être uniquement le coup de coeur de la majorité ou celle que la majorité aura envie de relire dans quelques mois? L’oeuvre gagnante devrait-elle être celle qui leur a fait vivre le plus d’émotions fortes ou celle qui développe un sujet dont on doit absolument parler? Ainsi, dans le cadre des rencontres, les participants ont été amenés à dépasser l’appréciation immédiate pour débattre des qualités intrinsèques aux oeuvres.

Voici les romans en lice cette année, accompagnés de quelques impressions suscitées chez les étudiants :

Le mammouth de Pierre Samson – « Ce livre dépeint un fait historique du Montréal des années 1930, où un immigrant ukrainien nommé Nikita Zynchuk est abattu par un policier alors qu’il ne constituait pas une menace réelle à la sécurité. Ce meurtre déclenchera un mouvement de révolte parmi ses compatriotes, mais aussi parmi les témoins de l’évènement, particulièrement chez le mouvement communiste local. Un mot me venait à l’esprit en lisant ce roman : cinématographique. L’auteur décrit clairement et avec tant de finesse les lieux, on s’y croit littéralement. » (Julie Villeneuve)

Ténèbre de Paul Kawczak – « Sur la route de ce roman, vous découvrirez un voyageur tourmenté, un docteur en peine, une fresque vivante et un homme qui découpe la chair. Si vous cherchez un livre qui explore les profondeurs, les ténèbres qui motivent et qui égarent les gens, il se peut que vous vous perdiez aussi dans le monde de Paul Kawczak. » (Samuel Tremblay)

Une joie sans remède de Mélissa Grégoire – « Ce roman fait en quelque sorte une sensibilisation nécessaire sur la santé mentale. Il raconte une femme qui enseigne la littérature auprès d’étudiants qui lui semblent désintéressés. À travers ses nombreuses références à des livres et à des auteurs, on reflète bien l’importance que la littérature a dans sa vie même si c’est aussi l’une des sources de ses remises en question. » (Noémie Cabot)

Tireur embusqué de Jean-Pierre Gorkynian – « Que se passe-t-il en temps de guerre? Comment vivent les immigrants de ces pays qui viennent se réfugier au Canada? Tireur embusqué raconte l’histoire de Shams, un jeune qui fuit la guerre de Syrie et qui vit maintenant à Montréal avec sa tante. L’histoire nous explique comment Shams se sent et ce qu’il fait dans la vie de tous les jours pour s’occuper. Des thérapies, de la délinquance, des histoires d’horreur, tous sont des thèmes abordés dans cette magnifique oeuvre qui ouvrira vos horizons. » (Matthias Desrosiers)

Chasse à l’homme de Sophie Létourneau – « Dans son tout nouveau roman, Sophie Létourneau ne s’en remet pas à attendre son destin. Elle décide tout simplement de l’écrire elle-même en se fiant aux dires d’une voyante pour rencontrer l’homme de sa vie. Déterminée à rencontrer l’amour, Sophie aura un parcours aussi long que sentimentalement déroutant. » (Florimel Girard)

La faveur du jury

Ce sont finalement Tireur embusqué, Ténèbre et Une joie sans remède qui ont obtenu la faveur du jury rimouskois pour les délibérations régionales. Cyrielle Leurot, du programme Gestion de commerces, a été mandatée pour représenter le Cégep de Rimouski au Bas-Saint-Laurent lors des délibérations régionales.

Enfin, tous les étudiants ont rédigé une critique littéraire sur l’oeuvre de leur choix. Celles de Jean-François Normand, Élizabeth Gagnon, Lou Pagniez et Érika Rochefort – qui ont su capter l’essence des oeuvres dans un langage riche et personnel – ont été envoyées au concours national de critique du journal Le Devoir. Nous leur souhaitons la meilleure des chances.

Et l’oeuvre gagnante est…

Le Prix littéraire des collégiens 2021 a été décerné, le mercredi 21 avril dernier lors des délibérations nationales, à Paul Kawczak pour son roman Ténèbre. Dans son discours de remise de prix, le jury national a mentionné avoir choisi Ténèbre pour les jeux de miroirs entre le conflit colonial et les déchirements internes du protagoniste, pour les descriptions d’une sexualité hors-normes et pour l’horreur représentée de façon dérangeante, mais sublime.

Remerciements

Les responsables et les membres du jury tiennent à remercier tout particulièrement Josée Cormier, animatrice culturelle aux Services aux étudiants, et Frédéric Hardel, bibliothécaire à la bibliothèque Gilles-Vigneault, pour leur aide précieuse.

Nous remercions aussi les librairies Vénus, L’Hibou-coup, L’Alphabet et Coopsco du Cégep de Rimouski pour leur généreuse commandite.

Pour toute information supplémentaire concernant cette activité, visitez le https://prixlitterairedescollegiens.ca.

La création littéraire vous intéresse? Il est encore temps de s’inscrire! Rendez-vous sur le site Web du Cégep de Rimouski pour en apprendre davantage sur le programme.

Sur la photo : Quelques étudiantes et étudiants en pleine discussion littéraire. (Photo courtoisie)

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