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Du pétrole sale?

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(M. J.) Contrairement à ce qui a été écrit dans l’article « Inquiétude face au projet de port pétrolier à Cacouna » publié dans notre édition de juin dernier, TransCanada n’est pas une filiale de Power Corporation. Cette dernière détient cependant 2,31 % de la pétrolière TransCanada via sa filiale Investor’s Group. Power Corporation possède aussi d’importants intérêts financiers dans la pétrolière française Total,  impliquée dans quatre projets d’exploration de sables bitumineux en Alberta.
L’exploitation des sables bitumineux appartient pour 70 % à des actionnaires étrangers.
Le port pétrolier de Cacouna  et l’oléoduc Énergie Est ne peuvent être dissociés de la production de pétrole issue des sables bitumineux de l’Alberta.
Énergie Est implique la construction d’un tronçon de 4 400 km d’oléoduc qui déplacera du pétrole brut au provenant de l’Alberta et de la Saskatchewan  à destination des raffineries de l’est du Canada. Au Québec, il traversera neuf régions administratives et passera sous le fleuve.
Dès 2018, ce projet de 12 milliards de $ transportera 1,1 million de barils par jour dont la majorité sera exportée aux marchés internationaux : Chine, Inde, Europe ou États-Unis.
Désastre écologique
Les sables bitumineux se caractérisent par un mélange d’argile, d’eau, de sable et de pétrole brut, raffiné à l’aide de procédés complexes.
Leur exploitation nécessite la coupe à blanc de la forêt boréale. Le sol est creusé et traité chimiquement. Deux tonnes de sable sont nécessaires pour produire un baril de ce type de pétrole. En 2011,  pour son extraction, 170 millions de mètres cubes d’eau furent nécessaires, l’équivalent de l’utilisation de l’eau résidentielle de l,7 million de Canadiens. 95 % de cette eau est si polluée – par du méthane, de l’arsenic ou mercure – qu’elle doit être stockée dans d’immenses bassins de décantation. (La vérité sur les sables bitumineux, rédigé par un comité scientifique indépendant, pour Équiterre)
Selon un rapport de l’Institut Pembina, les communautés autochtones dans la région des sables bitumineux signalent des niveaux anormalement élevés de cancers et de maladies auto-immunes rares, et les poissons qui y vivent  souffrent de malformations et sont  non comestibles.
Les vingt-cinq groupes des Premières nations établies le long du parcours proposé pour l’oléoduc Énergie Est sont quasiment unanimes dans leur opposition au projet. Elles bénéficient de l’appui d’une centaine d’autres communautés autochtones.
Changements climatiques
Chaque baril de pétrole provenant des sables bitumineux émet trois fois la quantité de gaz à effet de serre (GES) comparé au pétrole conventionnel. Toujours selon l’Institut Pembina, la mise en place de l’oléoduc Énergie Est engendrerait l’émission supplémentaire de 30 à 32 millions de tonnes de GES par année, soit l’équivalent d’ajouter 7 millions de voitures annuellement sur nos routes.
Pétrole et politique
Le budget de publicité de Ressources Naturelles Canada (RNC) est passé de 237 000 $ en 2010-2011 à 17,5 millions en 2013-2014. Une grande portion de ce budget va à la promotion de l’industrie pétrolière ou pour minimiser l’impact du développement des sables bitumineux sur l’environnement et les changements climatiques.
Finalement, en juin dernier, TransCanada a engagé deux lobbyistes pour effectuer des représentations auprès du gouvernement provincial et de la municipalité de Cacouna.

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