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Une grande rencontre des arts médiatiques

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(Alexandre D’Astous)-La Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie, coproduite par le Festival Les Percéides [Festival international de cinéma et d’art de Percé] se déroulera du 1er au 4 septembre dans l’ancien bâtiment du Centre d’Art de Percé (situé au 62, route 132 Ouest) afin de célébrer sa septième présentation.

Les activités et la programmation se déroulent principalement en salle au cinéma Les Percéides et au nouvel espace-bar et lounge situé au coeur du village de Percé (ancienne grange patrimoniale Charles-Robin).

Dédiée aux arts médiatiques émergents sous toutes ses formes, La Grande rencontre vise à créer en Gaspésie un événement rassembleur centré sur les arts médiatiques et les pratiques expérimentales contemporaines qui en découlent. Cette année, sous le commissariat de la Québécoise Esther Bourdages, l’édition comporte une projection d’un court métrage à l’extérieur du Géoparc Mondial UNESCO de Percé, trois programmes de courts métrages, une table ronde avec les artistes présents, des performances audiovisuelles en salle, deux interventions sonores aux abords de la plage de Percé. L’édition valorise les artistes émergents et mi-carrières qui développent une production indépendante. Une vingtaine d’artistes du Québec et d’ailleurs seront présents à Percé pour l’occasion.

Projection d’une œuvre vidéo

La Grande rencontre débute avec une oeuvre vidéo projetée sur la façade extérieure du Géoparc Mondial UNESCO de Percé du 1er au 5 septembre de 19 h 30 à 21 h 30. Rendez-vous le 1er septembre à 19 h au CINÉMA Les Percéides et un membre de l’équipe vous guidera sur le lieu.

L’œuvre If I saw you, I don’t remember(The Novels of Elsgüer, Épisode 5, 2020) de Laura Acosta & Santiago Tavera, en collaboration avec Milton Riaño, traduit les mouvements d’un corps invisible en données visuelles sous forme d’animations filamenteuses, de réflexions intermittentes et d’ombres papillonnantes. Véritable expérience sensorielle, cette vidéo interroge la façon dont des individus contrastés – visibles ou non – ont le potentiel de créer de nouveaux espaces tout en remettant en question la visibilité, l’inclusion et l’exclusion.

Un événement spécial est dédié à l’artiste de Gesgapegiag Naomi Condo qui a sélectionné un programme carte blanche de court métrages Mi’kmaq, en présence de Naomi Condo, Gage Barnaby, Nation Isaac, Jesse Martin, Ryan Parker et d’autres invités surprises.

Cinéma expérimental et art vidéo

Les trois programmes de courts métrages présentés durant la Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie célèbrent les cultures, la différence et posent un point de vue critique sur le quotidien. Plusieurs films touchent des thèmes universels, tels la nature, l’encrage et l’exploration du territoire. La programmation met de l’avant un large spectre des pratiques médiatiques, allant aux études formelles et expérimentales, de la vidéo d’art conceptuelle, en passant par des formes narratives non linéaires, incluant aussi des essais documentaires expérimentaux.

Corps minéral (2021) des réalisatrices française et québécoise Charline Dally et Gabrielle HB (le désert mauve) s’inspire de la géologie, de la science-fiction et d’archives documentaires. Les couches de mémoire, qu’elles soient contenues dans la roche ou dans nos cellules, s’inscrivent dans un cycle allant de la sédimentation à la désintégration. Per voi oggi la luce del sole non splenderà (2021) du suisse Andrea Bordoli est film d’écofiction post-apocalyptique qui met en scène deux ouvriers qui errent dans une zone où les territoires intérieurs et extérieurs s’entremêlent.

The Spirit Keepers of Makuta’ay (2019) de la réalisatrice québécoise d’origine taiwanese Yen-Chao Lin a été filmé en territoires traditionnels Amis et propose un voyage à travers des villages sur la côte Est de Taïwan, là où la nature, la colonisation et la migration de populations convergent et créent un paysage spirituel unique. Salin (2022) de la Québécoise Anne-Marie Bouchard est formée de boucles visuelles et sonores, cette oeuvre explore des textures organiques mises en relation avec des images tournées en Gaspésie en 1966. Yikinging spaces (2021) de l’artiste canado-belge kimura byol lemoine propose une balade méditative et est un voyage diasporique basé sur les éléments du Yi-King et les couleurs du saekdong (tissus traditionnel coréen) en composition verticale (perspective asiatique). 20-20 (2021) de la québécoise Karen Trask est une compilation de 5 courtes réflexions sur 2020. Chacune a été créée en tant que contribution de Karen Trask à un projet video de cadavre exquis appelé 2GatherApart. Il a été organisé par un groupe d’artistes montréalais afin de rester connecté et créatif pendant la pandémie. La vidéo danse (Wel)Coming in (2021) de la Québécoise Emmanuelle Roberge rend hommage au parcours particulier du coming out pour les personnes de la communauté LGBTQ+ aux Iles-de-la-Madeleine, en plus d’être une importante invitation à l’ouverture vers l’autre. En faisant appel à un éventail d’interfaces augmentées et technologiques d’imagerie du corps, Identity Templates for a Disordered Body [Modèles identitaires pour un corps désordonné] du Chilien-Canadien Francisco Gonzalez Rosa aborde l’identité par la répétition de visions de soi-même. Commençant par une entrevue avec un personnage drag, méticuleusement affublée de références à tendances virales, l’œuvre enchaîne avec la production d’une épreuve 3D en plastique à partir d’un scanning du corps de l’artiste. Miryam Charles présente le film Chanson pour le Nouveau monde (2021). À la suite de la disparition d’un homme en Écosse, sa fille se remémore des paroles chantées avant la nuit.

Documentaires exploratoires

Avec le documentaire STUCK (2021) la productrice-réalisatrice, reporter culturel française pour la chaine francophone de l’Ontario TFO Toronto, Joanne Belluco a documenté l’impact de la pandémie avec huit artistes francophones canadiens en proie à une situation inédite sur le plan créatif, émotionnel et même financier. De Toronto à Sudbury, en passant par Montréal et l’Acadie, ils nous plongent dans leur quotidien, le temps d’une saison culturelle bien singulière… ATALAYA (2021) documentaire de la Franco-canadienne Emma Roufs livre un pèlerinage sensible et personnel sur les traces de la disparition en mer de son père Gerry Roufs. Tambores (2017) de la Québécoise Laurie Tatibouët offre un regard sur une aînée Tikuna de la communauté de Puerto Nariño en Colombie sur les rives du fleuve Amazone (sud-est de l’Amazonie dite Colombienne) sur les chants traditionnels Tikunas et certaines de leurs évolutions contemporaines. Le film d’animation Anxious Body (2021) de la Japonaise Yoriko Mizushiri saura surprendre le public avec le remarquable univers surréaliste créé par les formes organiques dessinées.

Un volet audiovisuel

La Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie englobe également des pratiques exploratrices, en art sonore et audio, sous forme de performances et d’interventions.

Le Colombien-CanadienMilton Riaño illuminera le public en solo avec Origo, une composition audiovisuelle créée à partir d’une visualisation/exploration géographique en temps réel d’espaces physiques et virtuels. Lors de la performance, l’artiste utilise un instrument composé d’un capteur à ultrasons, d’un moteur de rotation et de diodes laser pour explorer une sculpture présente sur scène, ainsi qu’un système de navigation pour se déplacer entre les espaces numériques. – En duo, les Québécois Claude Périard et Guillaume Vallée feront vibrer la salle avec Plateaux. Utilisant la voix comme médium central dans un instrumentarium de machines (synthétiseurs modulaires, no-input, échantillonneur et ordinateur), elle cherche à impliquer le corps dans la production sonore en direct. Avec un appareillage techno-biologique, trois microphones au centre du dispositif de jeu passent la voix à travers une série de traitements numériques de granulation, la rendant méconnaissable. Outre la voix, un clavier mobilise aussi l’usage du corps pour déclencher de brefs échantillons de glitchs. Sur le plan des visuels, Guillaume Vallée projette des textures créées à partir de pellicule filmique, retravaillées sur bande magnétique puis numérisées pour pouvoir les manipuler en direct via un ordinateur. Le rythme de la projection tente d’épouser le rythme de la trame musicale et de visualiser le contraste entre les différentes sections.  – En solo, le Québécois d’origine mexicaine Martín Rodríguez performera Entre Temps Perdu, une expérience d’écoute qui consiste en un instrument utilisant des émissions de radio en direct, un thérémine et une seule cymbale. Explorant le temps, le mouvement et la résonance, le résultat est un dévoilement des harmonies et des textures cachées entre l’émission et la cymbale.

Billet disponible au Cinéma LES PERCÉIDES, 62, route 132 Ouest, Percé, Qc, G0C 2L0

-Billets pour les projections des films en salle : 12 $

-Billets pour le programme de courts-métrages – volet 3 -unique – 8 $

-Performances audiovisuelles en soirée, 2 programmes, 2 soirs : 12 $ chaque soirée

Info générale : Grande rencontre des arts médiatiques : info@perceides.ca 

Photo : L’artiste de Gesgapegiag Naomi Condo présentera un programme de courts-métrages Mi’kmaq.(Photo courtoisie)

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