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Traverse Trois-Pistoles – Les Escoumins : les Basques commanderont une contre-expertise sur l’état de l’Héritage I

(Richard Daigle) Le conseil municipal de Trois-Pistoles exigera dès sa prochaine réunion une contre-expertise pour déterminer dans quel état se trouve le traversier L’Héritage I, qui relie Trois-Pistoles aux Escoumins sur le fleuve. Le maire Jean-Pierre Rioux précise que les municipalités de la MRC des Basques paieront la note, n’ayant plus confiance en la Société des traversiers du Québec (STQ), selon lui en conflit d’intérêts, puisqu’elle exploite la traverse Matane – Côte-Nord.

Le gouvernement Legault a provoqué une véritable tempête le soir du mercredi 13 novembre 2019 en annonçant qu’il ne financerait pas les radoubs nécessaires pour que le navire reprenne la mer au printemps 2020. La STQ, qui a mené une étude sur cette question, a recommandé à Québec de ne pas y investir les 5 M$ prévus, en arguant qu’il était impossible de garantir que le bateau, âgé de 46 ans, ne subisse pas d’autres problèmes majeurs d’ici les quatre prochaines années.

Cet argument fait bondir le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux. « On tente de nous faire avaler une couleuvre! », s’enflamme-t-il, en répliquant que L’Héritage I a une espérance de navigation de quinze années après les travaux, sinon, au moins huit. Il met d’ailleurs au défi le député de Rivière-du-Loup – Témiscouata à l’Assemblée nationale, Denis Tardif, de se présenter devant les citoyens de Trois-Pistoles pour démontrer le contraire. Il ajoute que le Trans-Saint-Laurent, qui assume la desserte entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon, accuse dix années de plus que L’Héritage I.

Pour sa part, le député Tardif soutient qu’il a toujours appuyé cette opinion voulant que le traversier de Trois-Pistoles en avait pour encore au moins une décennie de service. Il ajoute cependant qu’il ne peut contredire l’expertise de la STQ, n’ayant lui-même pas de compétence en matière d’ingénierie navale. Il répond la même chose quand on lui demande pourquoi le traversier de Rivière-du-Loup navigue toujours, même s’il est dix ans plus vieux que L’Héritage I.

Bien qu’il ait travaillé sur ce dossier en collaboration avec son collègue péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, le caquiste Tardif martèle que le Québec subit présentement les conséquences du manque de vision des gouvernements des quinze dernières années en matière de transport maritime interrives. Il rappelle du même souffle que la Société des traversiers doit remettre un autre rapport, au printemps cette fois, sur le portrait d’ensemble de la desserte maritime, de Rivière-du-Loup à Matane, ce qui pourrait déboucher sur de nouvelles avenues pour Trois-Pistoles – Les Escoumins. M. Tardif révèle que la STQ avait reçu le mandat de trouver un bateau de rechange à L’Héritage I si ce dernier ne pouvait arriver à temps pour la prochaine saison, mais que ces recherches n’avaient pas porté leurs fruits.

De son côté, le maire Rioux déclare : « Ce n’est pas vrai qu’on va se laisser plumer comme ça après avoir dépanné la STQ au printemps dernier! », faisant référence au fait que la traverse Trois-Pistoles – Les Escoumins a dû lancer prématurément sa saison de navigation au printemps 2019, en raison des ratés à répétition à la traverse Matane – Côte-Nord. Il tiendra une rencontre de mobilisation à la mi-janvier, lors de laquelle il compte obtenir des explications, que ce soit de la Société des traversiers ou du député Tardif.

La traverse Trois-Pistoles – Les Escoumins emploie 28 personnes pour une masse salariale de 1 M$ et des retombées de 5 à 6 M$ annuellement.

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