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Nombreuses plaintes contre la Villa des Basques et Le Couvent de Trois-Pistoles

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(Marjolaine Jolicoeur) – Un climat d’insécurité règne à la Villa des Basques et à la résidence Le Couvent, autant au sein des résidents, de leurs familles que du personnel. Une douzaine d’employés ont contacté L’Horizon pour dénoncer certains agissements des nouveaux gestionnaires de la Villa des Basques, Sophie Drolet et Ghislain Dorion.

« On a congédié des employés ayant plusieurs années d’expérience, sans motifs valables, comme si on voulait les remplacer par d’autres qui seront payés moins cher », nous dit une employée qui préfère garder l’anonymat. Elle indique que des plaintes ont été déposées à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.

Une employée ajoute : « C’est l’enfer! Nous travaillons dans un stress permanent. Les consignes sont confuses, elles ne sont pas claires. En rentrant travailler, on ne sait jamais si on va être congédié. En plus, on a de la difficulté à se faire payer nos heures.»

Sur le site d’Emploi-Québec, la Villa des Basques affiche des demandes d’emploi pour huit postes, allant de préposé à gardien de nuit ou cuisinier. « Il y a beaucoup de roulement au niveau du personnel, ce qui peut insécuriser certains aînés », se désole une autre employée.

Plainte envers une ex-préposée

Une ex-préposée, Cathy Dumont, témoigne pour sa part à visage découvert. Elle affirme qu’elle n’a pas été congédiée, mais qu’elle a plutôt donné sa démission.

Une plainte pour un présumé geste de violence envers une résidente a été émise contre elle. Selon une source provenant du CISSS Bas-Saint-Laurent, la plainte a bien été acheminée à la Sûreté du Québec, comme la loi l’exige. Mais l’organisme n’a jamais demandé le congédiement de Mme Dumont, seulement que des mesures adéquates soient prises pour remédier à la situation.

Mme Dumont nous lance, des sanglots dans la voix, qu’elle « veut la justice » : « Je n’ai jamais fait de mal à une personne âgée. Je travaille dans le domaine depuis 35 ans. J’ai tenté de retenir une résidente qui perdait l’équilibre, et on a mal interprété mon geste. Je suis dévastée par cette plainte. »

Elle ajoute que dans l’exercice de son travail , elle a constaté de nombreuses irrégularités : frais monétaires supplémentaires qu’on aurait exigés pour des services prodigués aux résidents ou demande d’un mois de loyer à une résidente alors qu’il avait déjà été payé.

Daniel Lessard

Daniel Lessard a été propriétaire pendant 28 ans de la Villa des Basques, qu’il a vendue à l’automne 2017 pour un montant d’environ 5 M$. Il a pris sa retraite à la suite de graves problèmes de santé. Lorsqu’il était en place, il est vrai que des améliorations auraient dû être apportées; tout n’était pas parfait ni conforme.

Mais c’est après son départ qu’on a noté une augmentation des plaintes. Pour les employées interrogées, du temps de M. Lessard, il existait une atmosphère beaucoup plus familiale et respectueuse que celle qui prévaut présentement. « Il avait l’intérêt des aînés à cœur », a soutenu une employée.

Selon nos informations, la transaction entre M. Lessard et les nouveaux propriétaires n’est toujours pas complètement réglée. D’importantes modalités financières restent à être finalisées.

Qui sont les vrais gestionnaires?

La Villa des Basques a été acquise par Ghislain Dorion et Sophie Drolet, deux résidents de Québec. Mme Drolet, dont le métier est agente immobilière, est également propriétaire de la résidence Le Couvent, achetée en octobre 2017 d’un syndic de faillite pour 200 000 $ alors que l’évaluation municipale s’élevait à 1 376 000 $. Cette résidence patrimoniale regroupe 60 places d’hébergement; la Villa des Basques plus d’une centaine.

Autant au Couvent qu’à la Villa des Basques, on nous a indiqué que le conjoint de Mme Drolet, Michel Pelletier, occupe plusieurs fonctions. Sa tâche officielle consiste à prendre en charge les bâtiments, mais dans la réalité, il est en contact étroit avec les résidents tout comme avec les employées. Il s’est même déjà présenté à la famille d’une résidente en tant que « copropriétaire ».

Fait rapporté à maintes reprises par nos sources:  ce Michel Pelletier, via son ancienne compagnie Liquidation Québec, aurait selon l’émission La Facture – présentée en avril 2004 –   vendu des meubles et empoché l’argent sans livrer la marchandise. De multiples personnes ont porté plainte contre lui dans ce dossier. (Les détails: :https://ici.radio-canada.ca/actualite/lafacture/280/meuble.shtml

Inspections du CISSS Bas-Saint-Laurent

À la suite des plaintes reçues depuis le changement de direction à la Villa des Basques, deux inspectrices du CISSS Bas-Saint-Laurent étaient sur place le 16 mars dernier pour une enquête visant la certification en régulier de la résidence. Tous les services touchant à l’alimentation, aux relations interpersonnelles ou à la sécurité feront partie d’un suivi par les inspectrices.

En entrevue avec L’Horizon, Gino Beaudoin, directeur de la qualité, de l’évaluation, de la performance et de l’éthique clinique au CISSS du Bas-Saint-Laurent, nous a expliqué que les « deux inspectrices évalueront le bien-fondé des plaintes et rencontreront les employés et les résidents pour valider la qualité des services. Elles ont un mois pour présenter leurs recommandations. Pour ce qui est du renouvellement de l’accréditation pour la ressource intermédiaire, elle ne peut être transférée, à la suite d’une vente. On doit aller en appel d’offres. »

Il poursuit en indiquant que le CISSS du Bas-Saint-Laurent a aussi reçu des plaintes pour Le Couvent. On a procédé là également à une inspection, maintenant terminée. Lors de la remise du rapport, les gestionnaires devront se conformer à un plan de redressement subséquemment à certains écarts dans la qualité des services. M. Beaudoin parle entre autres d’une mauvaise tenue des dossiers des résidents.

D’autres sources mentionnent que les plaintes visant Le Couvent porteraient sur la qualité de la nourriture ou à un manque dans l’entretien ménager, une situation qui s’est fortement dégradée sous la gestion de la nouvelle propriétaire, Mme Drolet.

Investissements financiers

Les propriétaires de la Villa des Basques devront énormément investir pour se conformer à certaines normes gouvernementales comme celles concernant une meilleure disposition des chambres, l’agrandissement de la cuisine ou l’installation d’un nouveau salon. Ils devront aussi prévoir la construction d’un ascenseur pour accéder au bain thérapeutique situé à l’étage.

Ces investissements financiers pourraient s’avérer problématiques puisque présentement, de nombreux fournisseurs de la Villa des Basques n’ont reçu aucun paiement pour leurs factures depuis le changement de direction. Selon ce qu’a appris L’Horizon, des fournisseurs du Couvent éprouveraient les mêmes difficultés à se faire payer.

L’Horizon a tenté de rejoindre M. Dorion et Mme Drolet pendant plusieurs semaines, d’abord par des courriels soumettant des questions précises. Mme Drolet nous a alors promis qu’elle répondrait rapidement à nos interrogations. Malheureusement, nous n’avons jamais reçu ses réponses ni celles de M. Dorion. Nous avons par la suite contacté Mme Drolet par téléphone, mais elle n’a jamais retourné notre appel.

Pour signaler une plainte ou donner une information sur la Villa des Basques, et ce, de façon anonyme : 1 844 255-7568 – plaintes.cisssbsl@ssss.gouv.qc.ca

 

 

 

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