Accueil > Actualités > La transition de l’acériculture à la biomasse :Une occasion de développement pour les localités forestières

La transition de l’acériculture à la biomasse :Une occasion de développement pour les localités forestières

Imprimer cette nouvelle Imprimer cette nouvelle

Dans sa toute récente politique énergétique, le gouvernement du Québec a annoncé vouloir réduire de 40 % la consommation québécoise des produits pétroliers d’ici 2030. Si d’aucuns ont mis en doute la détermination et les moyens déployés jusqu’ici par le gouvernement pour atteindre cette cible, il y a néanmoins tout lieu de constater qu’en de nombreux milieux, les propositions avancées pour y parvenir ne manquent pas. Dans le secteur agroalimentaire, l’une de ces propositions concerne la diminution des usages des hydrocarbures pour la production acéricole. Ce secteur pourrait en effet contribuer à l’effort de transition énergétique du Québec dans un délai rapproché, notamment en remplaçant les systèmes d’évaporation au mazout – encore largement utilisés – par des systèmes de chauffe utilisant des énergies renouvelables.

Parmi l’ensemble des possibilités qui s’offrent au secteur pour y parvenir, la conversion de l’acériculture à la biomasse apparaît comme la plus adaptée aux caractéristiques de la filière et des milieux où elle est implantée. La production acéricole se réalise en effet dans des localités rurales et forestières,le potentiel économique associé au granule de bois est le plus élevé. Bien soutenue par des mesures de financement et un accompagnement institutionnel adéquat, cette conversion de l’acériculture à la biomasse pourrait s’inscrire, plus largement, dans une stratégie de développement de filières régionales basée sur des circuits courts de production et d’approvisionnement en granules. Des systèmes économiques et énergétiques locaux pourraient ainsi être structurés grâce au couplage d’une politique énergétique à des stratégies de reconversion industrielle et de développement territorial.

La production acéricole au Québec est un secteur qui, depuis la fin des années 1990, a connu un essor remarquable. La production est en effet passée de 54,2 millions de livres produites en 1998 à 148 millions en 2016. Selon les premières estimations, la production atteindrait 152 millions de livres en 2017, ce qui constituerait un sommet historique pour le secteur.

Pour proposer un plan ambitieux à la hauteur des défis économiques, écologiques et énergétiques, il faudra revoir les objectifs et les moyens des politiques publiques en matière de financement, proposer des maillages innovateurs avec des initiatives comme le Fonds Biomasse énergie, mais aussi développer de nouveaux outils territoriaux de développement destinés à structurer des filières régionales de biomasse forestière résiduelle.

À cet effet, l’IRÉC a récemment proposé la mise en place de fonds-filières régionaux destinés à financer des projets d’infrastructures en agriculture et en foresterie privée. Ces fonds-filières sous contrôle régional pourraient, de concert avec des mesures publiques de soutien bonifiées, affecter du capital-patient vers des projets qui n’apparaissent pas, pour toutes sortes de raisons, sur l’écran-radar des institutions financières actuelles. Alors que la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds de solidarité, Fondaction et Desjardins ont récemment réitéré leur intérêt à investir dans l’un ou l’autre des « fondamentaux » des économies territoriales du Québec (agroalimentaire,produits forestiers, énergie, collectivités locales), la pertinence de ce fonds-filière régional pour canaliser ces capitaux vers des projets structurants apparaît claire. La transition de l’acériculture vers la biomasse pourrait trouver là, en complémentarité à d’autres formes de soutien, un actif  de premier plan pour se réaliser à brève échéance.

Pour lire le document de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) : http://www.irec.net/upload/File/note_intervention_57_juillet_2017_vf(1).pdf

Share

Contactez-nous pour vos commentaires et questions.