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La MRC des Basques en route vers l’avenir

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(Crédit photo: Hughes Bouchard – Texte: Marjolaine Jolicoeur) – Le préfet Bertin Denis nous brosse un portrait de quelques dossiers en cours dans la MRC des Basques : un parc industriel régional utilisant une partie des redevances du parc éolien Nicolas-Riou, des projets à Saint-Jean-de-Dieu et Saint-Clément ainsi qu’un Parc Inter-Nations qui, en partenariat avec la Première Nation malécite de Viger, veut redonner à la population un territoire public dont l’accès est présentement restreint par les privilèges de chasse et pêche du Club Appalaches.

En août 2014, la grande cheffe de la Première Nation malécite de Viger, Anne Archambault, et le préfet Bertin Denis signaient une entente pour la réalisation d’un Parc Inter-Nations situé sur un vaste territoire de 150 km2. Parsemé d’une trentaine de lacs, il est localisé près des municipalités de Sainte-Françoise, Saint-Médard et Saint-Mathieu-de-Rioux.

Cet accord découlait de la loi 206 permettant à la MRC des Basques de constituer un organisme à but non lucratif pour l’exploitation d’un parc régional afin que le public puisse y pratiquer des activités récréatives.

Sa création s’avère cependant problématique puisque le Club Appalaches détient des droits de chasse et de pêche exclusifs sur les lieux. Ces droits ont été reconnus sur le territoire de l’ancienne seigneurie Nicolas-Riou par un jugement de la Cour d’appel du Québec en 1999, statuant cependant que la population pouvait y circuler sans entrave.

Le club privé dénombre une centaine de membres qui invitent annuellement près de 1500 personnes à séjourner sur le territoire. Le Club Appalaches évalue à plus de 50 M$ la valeur de ses droits exclusifs, une prétention hautement exagérée selon M. Denis : « Leurs droits ont été acquis pour moins de 11?000 $ en 1955. Cela ne peut avoir augmenté d’une façon si exponentielle. Nous avons effectué une évaluation scientifique de ces droits et la somme serait plutôt de 1,5 M$. »

Selon le préfet, le Club Appalaches outrepasse ses privilèges, car il restreint l’accès au territoire par des barrières, des gardiens et d’autres manœuvres de dissuasion et d’intimidation. « Une telle situation de mainmise détenue par un club privé est totalement immorale en 2018. Le Québec a pourtant mis fin au régime des clubs privés en 1977 afin de démocratiser l’accès aux terres publiques », raconte M. Denis.

La MRC des Basques souhaite donc une intervention gouvernementale afin d’exproprier le Club Appalaches pour concrétiser son Parc Inter-Nations.

« Nous pourrions ainsi développer l’ensemble des ressources naturelles de ces terres publiques, en faire un lieu de villégiature avec une variété d’activités touristiques, de plein air et d’hébergement. Les droits de chasse à l’orignal y seraient déterminés par un tirage au sort et accessible à tous », ajoute le préfet en spécifiant que les Malécites, qui possèdent des droits ancestraux sur ce territoire, auraient une superficie réservée à eux.

Club privé et éoliennes

Le parc éolien Nicolas-Riou compte 65 éoliennes, dont 59 se retrouvent là où le Club Appalaches exerce ses privilèges. Avant le début des travaux, le Club s’est élevé contre la construction du parc éolien en arguant qu’il pourrait perturber les activités de ses membres chasseurs et pêcheurs. En guise de dédommagement, il a alors réclamé une somme de 13,6 M$.

Cette procédure juridique risquant de retarder la mise en oeuvre du parc éolien, une compensation a dû être versée au Club Appalaches, après une entente hors cour en 2016. et dont le montant accordé reste confidentiel.

Force collective des communautés

Le parc éolien Nicolas-Riou est le plus grand parc éolien communautaire à partenariat égalitaire au Canada, totalisant 224,25 MW de puissance. Il est détenu à 50 % par EDF Canada, à 33 % par la Régie intermunicipale de l’énergie du Bas-Saint-Laurent et à 17 % par la Régie intermunicipale de l’énergie de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.

Au terme de six mois d’opération, une somme de 6?808?994 $ a été remise aux actionnaires, dont la MRC des Basques. Ces redevances pourront servir pour nombre d’investissements dans la région puisqu’elles seront redonnées aux municipalités de la MRC. Certaines en profiteront via, entre autres, le parc industriel régional éclaté », mentionne M. Denis.

Des projets à Saint-Jean-de-Dieu et Saint-Clément

Une micro-usine de biocharbon verra le jour à Saint-Jean-de-Dieu, au 8e Rang, à la sortie nord de la municipalité. Le projet a commencé à prendre forme en 2013 : « Une somme de près de 2 M$ a été investie par la MRC et le promoteur pour planifier la faisabilité du projet », précise M. Denis, qui poursuit en indiquant qu’une aide gouvernementale de 500?000 $ a récemment été octroyée afin d’acquérir un bâtiment et de le mettre aux normes d’Industrie Biocharbon Canada.

La micro-usine devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année 2018. Au début, elle sera de type expérimental. Ce modèle de biocharbon provient d’une nouvelle technologie développée en Belgique par le promoteur. Il est fabriqué par la torréfaction de la biomasse, en chauffant des résidus forestiers à haute température dans un réacteur. En ressort un produit sec et friable ayant une densité énergétique élevée. Il permet, par exemple, de récupérer du bois de faible valeur ou les copeaux des moulins.

Avant d’en arriver à un produit final, le promoteur belge doit tester la fibre de nos essences forestières québécoises, leur réaction au séchage ou à l’humidité. L’usine pourrait, à long terme, offrir de 30 à 50 emplois.

Le parc industriel régional a aussi investi dans la construction de deux bâtiments à  Saint-Clément. Ils accueilleront une entreprise d’équipements laitiers et une autre spécialisée dans le transport et le commerce du sirop d’érable.

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Le préfet Bertin Denis, entouré des préfets des MRC du Bas-Saint-Laurent, recevant la somme de 6?808?994 $ provenant du parc éolien Nicolas-Riou en juillet dernier. Les huit MRC du Bas-Saint-Laurent, la Première Nation malécite de Viger et le Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent ont reçu chacun la somme de 600?000 $.

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