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Claude La Charité le bienveillant

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Crédit photo: Gabrielle Rousseau –  (Vickie Vincent) Le 14 septembre se tenait une causerie littéraire à la Forge à Bérubé autour des œuvres de Claude La Charité; son recueil de nouvelles La pharmacie à livres et autres remèdes contre l’oubli paru en 2015 et, plus particulièrement, Le meilleur dernier roman, roman paru en 2018, tous deux aux éditions L’instant même. Près d’une vingtaine de personnes ont assisté à la causerie proposée en formule 5 à 7. Une lecture d’un extrait du roman puis une séance de dédicaces ont suivi la discussion que j’animais.

En bref

Alors que le recueil de nouvelles abordait une quête de sens menée par un narrateur bibliomane, le roman s’éloigne de l’intime et propose plutôt une satire du monde universitaire. Avec ses collègues professeurs de l’Université du Québec maritime à Mirouski au programme de lettres et monde imaginaire, le narrateur Claude crée un tout nouveau prix littéraire : le prix Anthume du meilleur dernier roman. Le lecteur assiste d’entrée de jeu à la remise du prix qui vire à la catastrophe. Le lauréat, l’auteur fictif Henry Vernal, abondamment comparé à Victor-Lévy Beaulieu pour leurs caractères similaires, refuse théâtralement le prix, laissant toute la communauté universitaire et les nombreux admirateurs pantois. À travers les chapitres subséquents, le lecteur découvre ce qui a mené à la création de ce prix, mais aussi aux événements qui ont suivi la remise catastrophique, et ce, dans un ordre non chronologique.

Douce satire

Bien que satirique, le roman ne tombe jamais dans la méchanceté comme nous pouvons y être habitués avec ce genre littéraire. En effet, le jeu satirique reste bon enfant, toujours dans la bienveillance. L’intention de La Charité n’étant d’ailleurs pas de mettre à mal le monde universitaire ou littéraire, de le mettre à feu et à sang dans un cynisme cinglant, ni même de remettre en question le bien-fondé des prix littéraires. Nous devons plutôt voir l’exercice comme un genre de marque de respect. Comme le dit bien l’adage : qui aime bien châtie bien. Et de fait, ces mondes littéraires et universitaires, Claude La Charité en connaît les moindres racoins et les chérit, à sa manière. Lui-même étant professeur à l’Université du Québec à Rimouski au département des lettres et humanités, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire et patrimoine imprimé.

C’est un premier roman bien ficelé que nous livre ici La Charité. Il propose autant de belles réflexions sur la littérature qu’il nous donne envie de rire de situations caricaturales rendues avec justesse. Espérons que ce ne soit pas son meilleur dernier premier roman.

Café de la parlure

Dans le cadre de la 22e édition du Rendez-vous des Grandes Gueules, Claude La Charité sera le chef d’orchestre du Café de la parlure où il accueillera Antonine Maillet, romancière et dramaturge lauréate d’un prix Goncourt, pour discuter de la tradition orale acadienne. C’est un rendez-vous à ne pas manquer, le 5 octobre dès 16 h à la Forge à Bérubé.

Claude La Charité, Le meilleur dernier roman, Québec, L’instant même, 2018, 179 p.

La pharmacie à livres et autres remèdes contre l’oubli (nouvelles), Québec, L’instant même, 2018, 125 p.

821 -Le_meilleur_dernier_roman

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